Meilleures salutations de l’an 2076
- ariannabisaz
- il y a 5 jours
- 12 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
De l’huile d’olive de la vallée de la Limmat, des pommes de terre de St-Moritz, des pistaches du Bas-Valais ?
Rien d’impossible. En effet, selon les scénarios du GIEC, le climat mondial devrait se réchauffer de 2 à 3 degrés, voire davantage, au cours des prochaines décennies par rapport à l’ère préindustrielle. La Suisse est particulièrement touchée : elle se réchauffe déjà environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale. D’ici la fin du siècle, nos températures pourraient ainsi augmenter de 4 à 5 °C.
Ce réchauffement climatique va modifier les habitats et la composition des espèces, entraînant une transformation radicale et profonde de l’agriculture : les cultures, les zones de production et les conditions de culture vont évoluer. La production agricole se déplacera entre le sud et le nord de l’Europe, bouleversant les marchés agricoles. De nouvelles compétences techniques seront nécessaires. Même les traditions et la gastronomie s’en trouveront transformées.
Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? Et quelles mesures les agricultrices et agriculteurs peuvent-ils déjà prendre aujourd’hui pour s’adapter à des conditions qui évoluent de plus en plus rapidement ?
Réponses de Serge Zaka, agronome et climatologue franco-libanais, spécialisé dans les effets du changement climatique sur le secteur agricole.

Serge Zaka (image: Radio France)
Comment notre climat évolue-t-il ?
Aujourd'hui déjà, la température en Suisse a augmenté de près de 3 °C par rapport à l'époque préindustrielle - avec des conséquences considérables, comme le montre le graphique ci-dessous.

Les effets du réchauffement climatique en Suisse aujourd’hui. Le climat s’est réchauffé d’environ 2,9 °C entre 1865 et 2024 (contre « seulement » environ 1,4 °C à l’échelle mondiale). Cette évolution s’accompagne déjà d’une nette augmentation de vagues de chaleur, de sécheresses estivales et de fortes précipitations par rapport aux années précédentes. La période de végétation s’est également allongée de 2 à 4 semaines depuis 1960. Nous ne nous trouvons toutefois qu’au début de ces évolutions : d’ici la fin du siècle, les changements seront nettement plus marqués (source : OFEV / MétéoSuisse).
Les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuant d’augmenter, et les énormes modifications de l’usage de nos sols et paysages se poursuivant, les effets du changement climatique vont encore s’intensifier dans les prochaines décennies: «Avec un réchauffement global de 3 °C par rapport à la période préindustrielle, il faut s'attendre à une augmentation de la température de 4,3 à 5,7 °C en Suisse» écrit MétéoSuisse.
Les prochaines décennies devraient être marquées par les tendances suivantes :
une augmentation des vagues de chaleur et des périodes de sécheresse ;
des précipitations plus intenses : à chaque degré de réchauffement gagné, l’air absorbe environ 7 % de vapeur d’eau supplémentaire, qui se libère sous forme de précipitations plus abondantes ;
un déplacement de la répartition des précipitations, mais un volume total annuel relativement stable : plus de précipitations en hiver, moins en été (voir graphique ci-dessous) ;
Une évaporation et une évapotranspiration accrues dues à des températures plus élevées, provoquant des sécheresses estivales plus fréquentes et plus marquées ainsi que des sols plus secs ;
une augmentation du risque d’événements extrêmes et de risques combinés, par exemple un cycle de l’eau accéléré (les sols s’assèchent plus rapidement pendant les périodes de sécheresse, tandis que les précipitations deviennent plus intenses, ce qui complique l’approvisionnement en eau des cultures).

Évolution des précipitations estivales et hivernales par rapport à la période de référence 1991-2020 dans un monde dit « à +3 °C » (soit un réchauffement global de 3 °C par rapport à la période préindustrielle). La quantité totale des précipitations reste relativement stable, mais leur répartition saisonnière change : les précipitations estivales diminuent en moyenne de 16 % (carte de gauche). Avec la hausse des températures, la sécheresse va s’accentuer. Les précipitations hivernales, en revanche, augmentent de 14% en moyenne, entraînant davantage de ruissellement et d’inondations (carte de droite). Davantage d’eau en hiver, un déficit en été : le décalage entre la disponibilité et les besoins réels va fortement s’accentuer (source: MétéoSuisse).
Conséquences pour l’agriculture suisse : déplacements et nouvelles opportunités
Sous nos latitudes, ces changements climatiques auront surtout les effets suivants :
la migration de nos cultures : de nombreuses cultures courantes se déplaceront de plus en plus vers le nord et/ou en altitude ;
la modification du calendrier des cultures : De nombreuses cultures courantes seront cultivées ou récoltées à d’autres périodes de l’année. La répartition des activités agricoles s’en trouvera modifiée (voir les graphiques du blé et des carottes ci-dessous) ;

Sous l’effet du réchauffement climatique, les travaux agricoles se déplacent dans le temps. À Nyon, les dates de récolte d’essais de rendement montrent que la récolte du blé d’hiver a tendance à avancer : aujourd’hui déjà, on récolte environ trois semaines plus tôt qu’il y a 50 ans (source: IP-Suisse).
la cultivation de variétés adaptées : de nombreuses cultures courantes seront remplacées par des variétés plus résistantes au réchauffement climatique. Les variétés précoces seront privilégiées afin d’éviter que les phases sensibles de développement (p. ex. le remplissage des grains des céréales) ne tombent en période de sécheresse estivale ;
l'adaptation des techniques culturales : des solutions techniques en matière d’irrigation, de ventilation et de protection contre la chaleur, notamment dans le cadre de l’agriculture de précision, seront de plus en plus mises en œuvre (voir figure sur le potentiel de croissance des tomates irriguées ci-dessous)
de nouveaux profils aromatiques de cultures / produits connus : En raison de l’augmentation des sécheresses estivales et du décalage des périodes de maturation, la composition et le goût de produits bien connus se modifient. Les raisins de cuve, par exemple, subissent un « double réchauffement » : le développement des baies se déplace vers le cœur de l’été, tandis que les conditions deviennent plus chaudes et plus sèches. Cela résulte en des raisins plus sucrés, une acidité différente et, en général, un degré d’alcool plus élevé dans le vin.
l'arrivée de nouvelles cultures : de nombreuses cultures courantes seront remplacées par des espèces « méridionales » comme la patate douce, l’arachide, les olives, les agrumes, etc.

Déplacements saisonniers de la croissance de tomates de plein champ irriguées (à gauche) et de carottes de plein champ (à droite) pour Nyon. L’axe horizontal représente la saison, tandis que l’axe vertical indique le potentiel de croissance en fonction de la température, en %. Les courbes bleues correspondent à la situation autour de 1940, et les courbes rouges à celle projetée vers 2100 (voir la légende à droite des graphiques). Avec le réchauffement climatique, le potentiel de croissance de la tomate irriguée augmente sur l’ensemble de la saison ; ce n’est que durant les mois d’été, dans la seconde moitié du siècle, qu’un plateau lié à la chaleur est atteint. Pour la carotte, l’augmentation des températures entraîne une hausse du potentiel de croissance au printemps et en automne. En revanche, en raison de conditions thermiques excessives, le potentiel de croissance diminue fortement en été (source: Zaka).
Dans quelle mesure nos cultures actuelles sont-elles affectées par le changement climatique ?
Des simulations montrent que, dans nos régions, les effets du réchauffement climatique diffèrent nettement entre les cultures d’hiver et celles d’été.
Des températures printanières plus élevées, un début plus précoce de la période de végétation, une meilleure disponibilité en eau durant l’hiver ainsi que des concentrations plus élevées de CO₂ dans l’atmosphère devraient avoir un effet plutôt positif sur les rendements des cultures d’hiver comme le colza.
En revanche, la stabilité des rendements des cultures d’été non irriguées, telles que le maïs, la betterave sucrière ou la pomme de terre, est beaucoup plus menacée par la sécheresse et l’augmentation de l’évaporation, et devrait diminuer malgré des concentrations plus élevées de CO₂ (pour de plus amples informations à ce sujet, se référer à la plateforme de la recherche agronomique suisse). Aujourd’hui déjà, en Suisse, les rendements des cultures d’été stagnent, tandis qu’ils augmentent fortement dans certaines régions plus septentrionales, par exemple dans l’ouest de la Russie (avec d’importantes conséquences géopolitiques).
Cependant, contrairement à une idée largement répandue, ni l’augmentation des vagues de chaleur ni la fréquence accrue des périodes de sécheresse ne constitueront le problème le plus urgent pour l’agriculture sous nos latitudes.
Selon Zaka, c’est le manque de froid qui aura les conséquences les plus graves. Les arbres fruitiers (pommiers, cerisiers, abricotiers, etc.) ainsi que de nombreux légumes bisannuels (carottes, betteraves, choux, etc.) développent peu ou pas de floraison en l’absence d’une période hivernale suffisamment froide (vernalisation). Cela peut conduire à une formation de graines perturbée, voire à une absence partielle de fruits, et donc à une baisse des rendements.
En Suisse, des hivers plus doux et l’évolution des températures modifient déjà le rythme biologique des arbres fruitiers et perturbent leur développement, notamment en avançant le débourrement, en rendant la floraison plus irrégulière et en affectant la pollinisation.

Figure de gauche: début de la floraison d’un cerisier sauvage à Liestal-Weideli (données phénologiques depuis 1894), montrant une tendance à une floraison plus précoce depuis 1985. Figure de droite : débourrement du marronnier d’Inde à Genève (données phénologiques depuis 1808), avec un avancement dès 1900. Les changements observés à Genève dès le début du XXe siècle sont principalement dus aux îlots de chaleur urbains, tandis que les évolutions plus récentes s’expliquent par le changement climatique. Ces dernières années, cependant, la tendance à un débourrement toujours plus précoce s’est inversée. Les causes restent incertaines, mais un manque de froid hivernal pourrait jouer un rôle (source : MétéoSuisse).
Un autre problème s’ajoute à cela. Une floraison très précoce des arbres fruitiers, comme en février 2026, augmente le risque de dégâts liés aux gelées tardives : si l’ouverture des bourgeons s’est avancée d’environ trois semaines au cours des dernières décennies, le risque de gel n’a, lui, reculé que d’environ une semaine (voir graphique ci-dessous). Par ailleurs, des températures plus douces favorisent l’apparition plus précoce de maladies, de champignons et de ravageurs, voire leur survie durant l’hiver.
En résumé, l’ensemble du cycle naturel est perturbé, de même que le calendrier de nombreux agriculteurs.

Dates moyennes de l’ouverture des bourgeons (ligne verte) et du risque de gel (ligne bleue) pour la période 1970–2000 et 2020–2050. Au cours des dernières décennies, la date d’ouverture des bourgeons s’est avancée d’environ trois semaines, tandis que celle des derniers gels ne s’est déplacée que d’environ une semaine. Le risque de gel, représenté par une surface avec des cristaux de glace, a donc fortement augmenté : alors qu’entre 1970 et 2020 il concernait principalement le mois d’avril, le mois de mars devient de plus en plus critique (source: Zaka).
L’adaptation et la prévention passent par la santé des sols
Selon les régions et les cultures, l’adaptation au changement climatique est possible, dans une certaine mesure, bien sûr. Sols vivants, gestion de l’eau, aménagement des paysages, nouvelles variétés et technologies : il n’existe pas de solution unique, mais une combinaison de leviers à mobiliser. Zaka considère que la santé des sols, via une agriculture de conservation ou régénérative, est la base d’une agriculture capable d’anticiper les changements plutôt que de les subir.
L’augmentation du taux d’humus, les cultures intermédiaires et la réduction du travail du sol améliorent la fertilité des sols et renforcent leur capacité de rétention d’eau. Face à des étés plus secs et à des épisodes de fortes pluies plus fréquents, un sol sain et vivant est essentiel : il régule les excès comme les déficits en eau, en stocke davantage et la restitue plus lentement. Cela prolonge la disponibilité en eau des cultures de quelques jours à plusieurs semaines pendant les périodes de sécheresse. Les approches régénératives renforcent considérablement ces fonctions tampons du sol et contribuent ainsi de manière décisive à la stabilité des systèmes agricoles.
L’irrigation constitue une mesure d’adaptation fréquente, sans pour autant être une solution miracle, car elle dépend de la disponibilité des ressources en eau. Il est donc essentiel d’optimiser la gestion de l’eau (par exemple grâce à l’irrigation goutte-à-goutte) et de privilégier des cultures et variétés tolérantes à la chaleur et à la sécheresse. Remplacer un champ de maïs par un verger d’oliviers peut, par exemple, réduire la consommation en eau d’environ 50 %, selon Zaka. Des semis plus précoces sont également recommandés afin d’éviter les périodes de sécheresse estivale les plus intenses. Toutefois, même avec un apport en eau suffisant, les plantes et les animaux d’élevage pourront atteindre leurs limites physiologiques en cas de chaleur extrême.

Productivité des prairies à Poitiers, dans l’ouest de la France : l’axe vertical représente la productivité en kg de matière sèche par hectare et par jour et l’axe horizontal le temps. Les prairies sont fortement affectées par le changement climatique : la saison de pâturage devrait s’allonger en raison d’un démarrage plus précoce de la végétation et d’une arrivée plus tardive de l’automne. La production printanière augmentera (si l’eau est suffisante), tandis que la production estivale diminuera fortement. Les prairies peuvent toutefois gagner en résistance à la sécheresse et à la chaleur grâce à un choix ciblé des espèces fourragères (source: Zaka).
Au-delà de la parcelle individuelle, c’est l’ensemble du paysage qui doit être repensé : la conception de paysages plus complexes, intégrant l’agroforesterie et d’autres éléments structurants comme les haies, permet de ralentir le ruissellement, de protéger contre le soleil, le vent et l’érosion, et d’atténuer les effets de la chaleur.
Zaka estime qu'à l'avenir, il ne sera guère pertinent de continuer à produire les mêmes cultures aux mêmes endroits. Il sera plus judicieux de déplacer les zones de production vers le nord et/ou vers des altitudes plus élevées. Toutefois, une telle transformation s’inscrit dans le long terme, est coûteuse et nécessite le développement progressif de nouvelles connaissances et de nouveaux savoir-faire. Toujours selon Zaka, le principal défi de la transformation en cours est moins d’ordre agronomique que structurel : la mise en place de nouvelles chaînes de valeur fonctionnelles — de la transformation et du stockage jusqu’à la création de la demande et à la commercialisation — est particulièrement complexe.

Agir dès aujourd’hui sur les nouvelles opportunités
Même si nous avons du mal à l’admettre ou à le reconnaître, le réchauffement climatique est bel et bien en cours. Il modifie les zones de culture - et un régime hydrique plus dynamique, marqué par des événements extrêmes plus fréquents, influence à la fois le volume et la qualité de nos rendements.
Le changement climatique représente une menace importante, mais il ouvre aussi de nouvelles opportunités pour l’agriculture, en particulier en Europe centrale et en Europe du nord. La Suisse restera, à l’avenir, un pays attractif pour l’agriculture.
Attendre et s’accrocher aux pratiques existantes n’est toutefois pas une option — au contraire, il s’agit de tirer parti des conditions climatiques changeantes (désormais largement inévitables). Et plus cette démarche est engagée tôt, plus les possibilités sont nombreuses.

Agroclimat a été développé par Zaka et son équipe. La plateforme cartographie les risques météorologiques et climatiques selon les régions et les cultures, puis les traduit en informations concrètes - ici, par exemple, une estimation des pertes liées au gel lors de la floraison des abricotiers. En fournissant aux agricultrices et agriculteurs des aides à la décision fondées sur les données climato-météorologiques actuelles, Agroclimat vise à sécuriser la production agricole. Même si la précision de la carte à l’échelle locale est limitée, elle contribue à renforcer la prise de conscience des effets du réchauffement climatique sur l’agriculture. Une version encore très incomplète d’Agroclimat existe également pour la Suisse.
Il est désormais nécessaire de repenser l’ensemble des chaînes de valeur régionales et de réaliser les investissements nécessaires.
Un exemple à forte valeur économique est l’olivier. L’Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive avec plus de 40 % de parts de marché, et en particulier la région de l’Andalousie avec ses vastes plantations d’oliviers, est de plus en plus confrontée à la désertification. Les marchés de l’huile d’olive devraient ainsi s’ouvrir, à moyen terme, à d’autres zones de production, comme le Bas-Valais ou le canton de Vaud. Celles-ci deviendront progressivement plus propices à ce type de cultures méditerranéennes (voir graphique ci-dessous).

Évolution de la biogéographie de l’olivier. Les zones orange indiquent un potentiel de rendement élevé, les zones jaunes un potentiel moyen et les zones vertes un potentiel plutôt faible. Dans les années à venir, la culture de l’olivier trouvera des conditions climatiques favorables dans une grande partie de l’Europe centrale et septentrionale. À l’horizon 2050, la culture de l’olivier pourrait ainsi devenir une option intéressante en Suisse (source : Zaka).
Comme il s’agit de cultures arboricoles, les vergers d’oliviers nécessitent des investissements à long terme. Zaka recommande de se lancer dès aujourd’hui : tester 2 à 3 variétés d’oliviers afin d’observer leur développement en conditions locales, puis en planter sur de plus grandes surfaces.
Même si ces évolutions paraissent encore lointaines, voire parfois irréelles, elles sont déjà en cours. Il est donc nécessaire d’agir dès aujourd’hui pour développer des solutions adaptées. Ces nouvelles opportunités ne pourront être saisies qu’à condition d’être anticipées et construites.
Les jeunes agricultrices et agriculteurs ont ici un rôle clé : sortir des schémas établis, explorer de nouvelles pratiques et tester, sans plus attendre, ce qui est réellement viable.
Pour aller plus loin : nos autres articles sur le sujet :
Sources
Version originale du blog en allemand
Conférence Serge Zaka - Quelle météo en 2050 pour l’agriculture suisse ? (première partie et deuxième partie)
L'arbre s'est cru au printemps : ces fruits et légumes qui devraient arriver beaucoup plus tôt sur les étals (reportage TF1, 26.2.26)
Serge Zaka : « Un sol vivant stocke 5 à 10 % de plus d’eau » (interview, 27.11.2025)
Serge Zaka, agroclimatologue : « Le problème le plus urgent pour l’agriculture, c’est le manque de froid» (article, 11.03.2025)
Pourquoi la Suisse se réchauffe plus vite que le reste du monde ? (interview d’Adrien Michel, 4.11.2025)
Quelle sera la stabilité des rendements futurs des cultures en Suisse ? (article, 16.02.2026)
Márcio dos Reis Martins, Pierluigi Calanca (2026): Model projections indicate substantial decrease in yield stability for summer crops in Switzerland, but less so for winter crops. European Journal of Agronomy, Volume 172, January 2026
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